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La fin annoncée des lecteurs et des lectrices ?

Didier Torny  1  

1 : Direction des données ouvertes de la recherche
Centre National de la Recherche Scientifique

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Si l'on suit Umberto Eco, les textes n'existent comme tels que s'ils ont des lectrices et des lecteurs. Pendant longtemps, les textes scientifiques ont cherché à attirer des lecteurs par divers systèmes de découverte (diffusion des sommaires, des résumés). Peu à peu, de nouveaux lecteurs, incluant une dimension mécanique, puis automatique, ont été pris en compte (collecte des références, approches en fouille de textes). Cependant, depuis une décennie, et encore davantage depuis la démocratisation de l'IA générative, de très nombreux textes publiés exhibent de telles erreurs (présence de prompts, tournures torturées, tableaux ou graphiques absurdes) qu'ils manifestent l'absence de (re)lecteurs humains. D'autres indices permettent de constater une diversité de lectures : d'un côté, des pures machines de comptage (nombre de textes, nombre de citations), de l'autre, des vérificateurs équipés de diverses machines qui visent à « nettoyer » la littérature scientifique. Cette nouvelle configuration transforme radicalement le contrat de lecture des textes publiés, sapant leur autorité à dire les faits tout en démocratisant la mise en discussion des connaissances qu'ils revendiquent établir.

Type : : communication orale

Thématiques : Session 1 | Le système des publications scientifiques à bout de souffle

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